Projet Ulysse-L'initiative BioObs

L’initiative BioObs complémentaire de DORIS !

Le « top » en matière de Sciences participatives

Interview de M. Jacques Dumas, Président du CNEBS,
sur le rôle des sciences participatives vis à vis de la protection
des milieux aquatiques marins et continentaux

1/ Quel Rôle joue la CNEBS (Commission Nationale Environnement et Biologie subaquatiques) vis-à-vis des sciences participatives ?

La CNEBS contribue depuis une décennie aux sciences participatives à travers deux créations très importantes de sites Web.
Le premier est le site participatif DORIS (Données d’Observations pour la Reconnaissance et l’Identification de la faune et la flore Subaquatiques) qui contient les fiches descriptives agrémentées de photos de 2  190 espèces animales et végétales, grâce au travail bénévole d’un millier de contributeurs. Un forum DORIS ouvert à tous permet les échanges entre experts et grand public, avec plus de 30  000 photos déposées par les plongeurs. Ce site est utilisé dans de nombreux pays du monde, par les scientifiques et plongeurs, et contribue à la connaissance des eaux littorales et dulcicoles françaises. Les fiches sont transférées à notre partenaire, le Muséum National d’Histoire Naturelle.

Notre deuxième contribution se fait par l’intermédiaire de BioObs (Base pour l’Inventaire de OBservations Subaquatiques).
BioObs est un outil Internet mis à la disposition de tous les plongeurs, il permet d’identifier les espèces rencontrées au cours d’une plongée, en s’articulant sur les fiches espèces du site DORIS, et de constituer un relevé des espèces observées pendant une ou plusieurs plongées. Aujourd’hui BioObs est devenu le deuxième pourvoyeur de données d’observation de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) sur 440 derrière la Ligue de Protection des Oiseaux (et donc premier observateur en terme de données aquatiques), avec plus de 80  000 relevés, 1  500 participants-observateurs, des milliers de photos postées par les participants. Le site permet de connaître l’aire de répartition de chaque espèce et de s’informer sur les espèces observables sur les différents sites. C’est un outil qui accompagne l’évolution de la pratique des plongeurs désireux de mieux connaître leurs espaces d’évolution et les préserver. C’est un outil de formation personnelle ou collective en s’appuyant sur les fiches espèces de DORIS. Ces données sont envoyées à l’Inventaire National du Patrimoine Naturel du Mnhn, qui est le système d’information de référence pour les données sur la Nature. Toutes ces informations permettent une cartographie de la biodiversité aquatique au niveau national établissant un état patrimonial français indispensable à tout suivi, expertise ou mesure de protection. Il sert à l’élaboration de stratégies de conservation et à la diffusion d’informations et de rapports nationaux et internationaux sur le patrimoine naturel français (espèces végétales et animales, milieux naturels et patrimoine géologique).

2/ Quels sont, selon vous, les enjeux majeurs actuels pour les sciences participatives en milieu marin?

Les enjeux sont de taille car le public a de plus en plus par ce biais un rôle d’acteur et non plus seulement de témoin de l’état de la biodiversité. Les dirigeants de ce monde se sont réunis en sommets, (RIO, COP21) et ont reconnu que l’avenir de l’humanité est dépendant de la préservation de la biodiversité. Les scientifiques-naturalistes n’ont pas les moyens de mettre en évidence de façon satisfaisante l’érosion de la biodiversité. La prise de conscience des citoyens qui peuvent documenter eux-mêmes des observations (même si elles ne sont pas quantitatives), ouvre au scientifique un accès à un volume de données considérablement supérieur. L’enjeu sera de valoriser ces données, les fiabiliser et les exploiter correctement. Quoiqu’il en soit le rôle éducatif auprès du grand public d’une participation aussi modeste soit elle est déjà un pas vers la sensibilisation aux périls menaçant les espèces aquatiques et leur préservation. Aujourd‘hui les plongeurs sont des témoins de la dégradation des milieux aquatiques qui ont atteints des niveaux très préoccupants, l’ensemble des écosystèmes aquatiques et des espèces sont en péril. L’enjeu à court terme est que les décideurs prennent au sérieux les inquiétudes des citoyens au plus vite avant que nos océans et mers ne soient vides.

3/ Quels conseils pourriez vous donner aux clubs pour que nos plongeurs s’investissent dans les sciences participatives ?

Je ne pourrais que conseiller aux clubs de commencer par se faire expliquer l’utilisation de nos deux outils, d’abord BioObs afin que leurs plongeurs puissent noter leurs observations pour leur propres souvenirs, et aussi préparer leurs plongées (sorties). Par voie de conséquence, utiliser l’outil BioObs revient à participer à l’inventaire du patrimoine naturel. Cet outil avant tout éducatif permet un investissement des plongeurs de nos clubs qui pourra être durable car non contraignant, ne nécessitant pas de s’astreindre à des protocoles scientifiques. C’est en se prenant au jeu et par l’apprentissage de la vie aquatique que la contribution de chacun sera amplifiée. Plus les connaissances des plongeurs progresseront grâce aux outils, plus leur contribution sera importante. Les clubs les plus motivés seront sollicités parfois par des scientifiques pour apporter leur contribution à des protocoles.

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