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Types d’Aires marines protégées: Identification et dynamique

 

Article n°1/3


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Interview de Philippe ROBERT

Ancien Responsable  Scientifique du Parc National de Port Cros
Ex – Secrétaire exécutif du sanctuaire Pelagos pour la protection des cétacés en Mer Méditerranée.
Président du GEM (Groupe d’étude sur les Mérous)
Actuellement : Consultant international / philmer83@gmail.com

Relecture: Philippe ROBERT
Illustrations et le Parc National de Port Cros

 


Pour résumer :

  • Différents dispositifs existent pour créer une Aire marine protégée
  • Ils varient selon l’existence plus ou moins prononcée des activités humaines présentes. Et de l’objectif de préserver l’environnement et la biodiversité, des gènes et espèces aux écosystèmes et paysages et des niveaux de réglementation.
  • Le cortège juridique et réglementaire doit être adapté au type de protection choisi


SOMMAIRE

Définition d’une AMP,
Les différents types d’AMP en France
La dynamique de création des AMPs en France et dans le monde

 

Définition des types d’aires marines protégées :

Il existe un certain nombre de types d’Aires marines protégées. Et la définition est somme toute simple mais reste précise :

Une aire marine protégée est un espace délimité (cela s’applique aussi aux aires terrestres protégées comme les parcs régionaux de France métropolitaine, ou mixtes terre et mer comme le Parc National de Port Cros ou des Calanques de Marseille en France) avec un objectif de protection de la biodiversité marine :

  • poissons et autres espèces du necton (espèces mobiles capables de nager), faune et flore benthiques c’est à dire les espèces vivant au fond fixées ou non,
  • espèces pélagiques c’est à dire vivant en pleine eau comme la plupart des poissons ou des mammifères marins que sont les baleines et les dauphins. On appelle ces derniers en les regroupant les cétacés.
  • les espèces terrestres et littorales, les plantes et animaux sont bien sûr pris en compte quand la zone protégée est mixte afin d’assurer leur protection.

Le plus dur est de concilier souvent le maintien de la biodiversité marine avec les usages professionnels ou récréatifs des hommes (qui sont d’origine humaine). C’est un point qui est important : une aire marine protégée doit concilier protection de la biodiversité et développement durable des activités humaines en mer ou à terre. Pour les différents types d’aires marines protégées c’est toujours le même schéma ou presque qui s’applique.

 

Les différents types d’aires marines protégées

Un cortège de dispositifs réglementaires et juridiques vient encadrer la création d’une aire marine protégée. Il en existe de plusieurs types (types d’aires marines protégées) de la plus simple à la plus complexe en terme de création et de gestion. Le tout et le plus dur est de concilier préservation de la biodiversité et l’acceptation par les usagers et acteurs des nouvelles contraintes mais des avantages. Parmi les avantages on a  l’augmentation de la biomasse des poissons et de leur nombre. Ce qui plaît  bien sûr aux  pêcheurs s’ils acceptent de pêcher en bordure de la limite imposée. Ceci est souvent matière à débat.

Le statut le plus difficile à créer est le « Parc national » comme en Méditerranée française ceux de Port Cros et des Calanques de Marseille. Ilfaut en général une dizaine d’années, nous dit Philippe Robert, pour mettre en place un Parc National. Pour ce qui est de Bagaud, l’ïle à côté, ce fut 10 années nécessaires et un immense travail aussi pour la placer en réserve intégrale.

Voici les différents statuts de ces aires protégées de la plus complexe à la plus simple. Chacune a des particularités propres en terme de maintien de la biodiversité et de gestion des activités anthropiques (provenant des hommes) :

Le parc National allie les besoins de préservation de l’environnement et de la biodiversité terrestre et marine et le développement durable des activités humaines. Pour ces dernières, on peut citer de manière non exhaustive :

  • la plongée sous-marine,
  • la pêche professionnelle et de loisir,
  • l’activité hôtelière, gastronomique et touristique qui va de pair
  • les loisirs nautiques en particulier la plaisance à voile ou avec des bateaux à moteurs
  • L’activité touristique de découverte de la mer et de la terre etc…

La réserve intégrale et naturelle dont le rôle est surtout la protection de la biodiversité, mais où toute activité humaine est interdite. C’est le cas de l’île de Bagaud à coté de celle de Port Cros où la présence humaine est bannie. Il faut compter une dizaine d’années , nous dit Philippe Robert, pour arriver à obtenir ce statut. Et finalement c’est le classement de l’île de Port Cros en aire marine protégée dans les années 1960 (avant les 600 mètres de mer autour n’étaient pas classés comme zone de protection) qui a d’emblée établit le statut de réserve intégrale pour l’ïle de Bagaud. Seuls les scientifiques sont autorisés à débarquer pour leur travail de suivi et d’acquisition de connaissances.

Ce temps si long est nécessaire pour toute démarche de création de réserve car la partie concertation entre toutes les catégories d’acteurs (pêcheurs, plongeurs, touristes etc…) qui est nécessaire prend du temps. Et la partie administrative est complexe, par l’implication de nombreux services et structures gouvernementales ou non au niveau national.

 

Les « arrêtés de biotope » : l’espace protégé est de taille beaucoup plus modeste mais peut s’appliquer aussi au domaine marin. Ce statut est surtout utilisé pour protéger un habitat naturel, une espèce, un assemblage unique et fragile d’espèces de faune ou de flore. Il peut aussi s’agir géographiquement d’un lac, d’un bassin versant, d’une petite zone marine.
C’est, nous dit Philippe Robert, une réserve en miniature, une  petite réserve avec une problématique plus simple.

 

Natura 2000 est une initiative de l’Europe. Et de même que pour un parc national ou régional, un état des lieux écologique et des métiers et usages, un bilan d’état zéro, est établi. Puis vient le temps de la concertation et de la définition des objectifs et possibilités de développement durable. Il est à noter que Le Parc National de Port Cros gère le site Natura 2000 des trois caps qui s’étend de la Croix Valmer à St Tropez en passant par Ramatuelle. Ce site est  assez récent (année 2001) et fonctionne avec un gestionnaire administratif attitré au sein de l’Observatoire marin du Littoral des Maures (www.observatoire-marin.fr )


Les Parcs naturels régionaux et les parcs marins 
: on a comme exemple le parc de la Mer D’Iroise, et celui de Mayotte.

Les contextes réglementaires et juridiques sont moins sévères mais progressent au fur et à mesure que des activités humaines doivent être gérées simultanément avec la conservation des habitats et des biocénoses (les espèces formant les écosystèmes présentes au sein de leur habitat). Supprimer car raisons de politique locale qui complique souvent cette création : Un parc marin est moins difficile à créer et gérer qu’un parc national.
Des évolutions statutaires sont parfois possibles, comme par exemple la Réserve des Lavezzi située au sud de la Corse et qui est en passe de fusionner avec celui de la Sardaigne du Nord (la Magdalena) pour créer un parc international des Bouches de Bonifacio.

Des évolutions statutaires sont parfois possibles, comme par exemple la Réserve des Lavezzi située au sud de la Corse et qui est en passe de fusionner avec celui de la Sardaigne du Nord (la Magdalena) pour créer un parc international des Bouches de Bonifacio.

 

La dynamique de création et de gestion des AMPs en France et dans le monde

Il existe 1200 AMPs dans le monde au début de 2017

La France est le deuxième pays au monde après l’Amérique du Nord en terme de possession de surfaces marines susceptibles de devenir des réserves soit plus de 11 millions de km ². Mais seuls 0,3 % sont réellement classés en terme de réserves protégées et l’objectif (irréaliste?) est de créer 20 % d’AMPs sur cette surface d’ici à 2020. On peut raisonnablement se poser la question du succès d’une telle opération quels que soient les bonnes intentions !

D’autre part, une restructuration importante des organismes impliqués dans la création d’Aires marines protégées a lieu en ce moment (2017).  L’Agence des AMP se regroupe avec l’Agence de l’Eau, les « Parcs Nationaux de France », l’Atelier technique des espaces naturels …….. pour devenir l‘Agence française de la biodiversité. C’est écologiquement parlant une bonne chose pour les AMPs car les circuits administratifs seront plus courts et donc plus rapides. Moins de jonglage entre les différents ministères et plus de poids et de coordination vis à vis de ces derniers.

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