Antifoulings toxiques: de nouvelles alternatives (DOSSIER)

Caréne de bateau avec un dépôt de salissures(fouling) important

Carène salie par des organismes de tous genres

Les systèmes antifoulings sont définis comme  »revêtement, peinture, traitement de surface, surface ou dispositif utilisés sur un navire pour contrôler ou empêcher le dépôt d’organismes indésirables ».(Source OMI : Organisation Maritime Internationale).
Ils ont été utilisés depuis fort longtemps mais seulement depuis 1973 sous forme de composés contenant de l’étain. Jadis on a pu employer différents mélanges antisalissures très toxiques comme le goudron, l’arsenic, des composés organiques à base de mercure.


Depuis les années 1990, le diuron et l’Irgarol, des pesticides, ont été utilisés pour remplacer une partie du cuivre qui a tendance à se concentrer facilement aux niveaux trophiques les plus hauts. On appelle ce phénomène la bioamplification. Elle peut atteindre l’Homme. Et le cuivre est toxique pour ce dernier à partir d’un seuil déterminé (alors qu’il est nécessaire à la vie à des concentrations beaucoup plus faibles). On cherche aussi d’autres solutions comme l’utilisation de peroxydes libérant de l’eau oxygénée, procédé efficace mais assez cher malheureusement pour une exploitation à grande échelle.

Il existe trois types d’antifoulings :

  • Ceux qui sont lixivables et perdent de leur épaisseur avec l’érosion de l’eau sur la coque et avec elle le biofilm bactérien et les spores de divers organismes participant à la salissure
  • Ceux ne se dissolvant pas mais relâchant des molécules biocides entraînant la mort de toutes sortes d’organismes vivants voulant se fixer
  • Ceux qu’on appelle à film mince et qui offrent une surface anti adhérente très lisse pour laquelle les spores ont du mal à se fixer

Jusqu’ici, pour être les plus rentables possibles, les produits anti-salissures devaient être assez toxiques pour empêcher le recrutement du biofilm bactérien puis la colonisation des autres organismes arrivant sous forme de spores. Et assez longuement efficace pour que l’on ne soit pas obligé de caréner le bateau trop souvent car l’opération est coûteuse. Le coût du produit était aussi un facteur déterminant.
Les salissures ne se fixent pas toujours avec la même vitesse. Quelques facteurs pouvant intervenir sont par exemple : le type d’antifouling sans étain maintenant, la fréquence d’utilisation du bateau car s’il est utilisé souvent ,il se salit moins, idem pour les hélices et le safran pour les voiliers, la température, la salinité, la richesse en nutriments etc…

Le biocide idéal doit être une molécule avec différents avantages et propriétés dont le large spectre d’activité mais aussi l’innocuité pour les mammifères, la non persistance dans les chaînes trophiques ou le milieu marin.

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