Antifoulings toxiques: de nouvelles alternatives (DOSSIER)

Dangers en aires de carénages

Une aire de carénage écologique et aux normes

 Une aire de carénage écologique et aux normes pour l’entretien des coques salies par les salissures

 

En Europe et en France coté Méditerranée en tous cas , les aires de carénages sont équipées, selon la loi européenne, d’un système de récupération des déchets de décapage de coques des bateaux pour éviter de relâcher le tout directement dans l’eau de mer. Une démarche a même eu lieu et un label décerné à tous les ports observant une conduite irréprochable selon un cahier des charges envers l’environnement. Il s’agit du programme « Ports Propres » mis en applicaton sur la côte française méditerranéenne.
Au niveau européen, certains biocides pourraient être interdits pour les ports et responsables d’aires de carénage si des comportements non respectueux de l’environnement sont appliqués Il en est de même pour l’équipement des aires de carénage qui doit récupérer les substances toxiques et les retenir pour ne laisser s’échapper qu’une eau peu contaminée.
Une directive existe déjà au niveau européen mais elle est peu appliquée ou mal au détriment des espèces vivantes et écosystèmes aquatiques proches des ports.

Au niveau des antifoulings exempts de TBT depuis 2008, les antifoulings de deuxième génération n’ont pas tous été l’objet d’une étude écotoxicologique et leur toxicité envers l’environnement, certe moindre que le TBT, n’est pas encore et dans beaucoup de cas bien évaluée. Certains biocides pourraient même s’avérer encore dangereux pour l’environnement, les espèces et les écosystèmes aux doses détectées dans les ports et dans un périmètre proche ou plus éloigné
L’écotoxicologie des biocides est une science nouvelles et elle n’est pas la seule, nous allons le voir un peu plus loin.

Les solutions du futur

D’autres travaux essaient de synthétiser des molécules peu toxiques et ayant les capacités et propriétés nécessaires à un antifouling mais sans les inconvénients de pollution et de dérèglement du fonctionnement des écosystèmes. Une approche globale est nécessaire qui inclut aussi des critères économiques et sociaux en plus des critères écologiques.
On citera aussi d’autres recherches qui ont déjà abouti à la création d’un système générant des ultrasons capables d’empêcher la fixation des salissures . Ce système comme les peintures possèdent des qualités et des inconvénients

Il existe au moins deux voies de recherche assez distinctes :

L’une d’elle essaie de trouver un revêtement du genre du Téflon ou lanoline utilisée encore pour « farter »la coque des navires à voile de compétition en Angleterre . Ce revêtement peut être même une cire qui empêcherait les propagules de toutes sortes de se fixer sur la coque trop lisse ou autres systèmes immergés. Dans ce système, c’est directement la capacité des propagules à se fixer qui est en jeu. La recherche porte sur des substances de synthèse

La deuxième voie de recherche très proche de la première (qui découle de la bioinspiration) est la détermination de substances répulsives ou biocides non délétères pour le milieu naturel et ses organismes, issues de l’extraction sur des organismes autochtones exempts de salissures puis de la détermination et tests sur la fixation des espèces salissantes. En effet on peut facilement remarquer que nombre d’espèces marines , des algues, éponges , coraux etc.. soumis néanmoins à un flux de propagules pouvant initier le phénomène de salissure, ne sont jamais colonisées par d’autres organismes épibiotiques. Des molécules anti salissure sont sécrétées sous forme de mucus souvent et ralentissent voire suppriment la fixation des spores et propagules .
L’IOPR entre autres s’intéresse justement à cette voie de recherche et vient de publier un article publié dans la revue Phycology. Jusqu’à 8 composés extraits et identifiés mais sans nom pour le moment, semblent actifs dans la lutte contre le recrutement au niveau de la surface de l’algue étudiée, assez tout du moins pour éviter la salissure du thalle. On trouvera sans aucun doute des solutions écologiques en étudiant la peau des cétacés tels que les dauphins qui n’est presque jamais salie. Des enzymes inhibant la fixation des espèces de salissure pourraient ainsi voir le jour et présenter l’avantage d’être totalement inoffensives pour l’environnement et ses occupants.

Le programme BIOPAINTROP

L’ANR (Agence nationale pour la Recherche) a initié un un projet de recherche nommé BioPainTrop depuis 2012 qui vise à fabriquer un antifouling créé à partir de substances antisalissures naturelles provenant d’organismes vivants trouvés dans le domaine marin de l’île de la Réunion. Ce programme arrive à échéance en 2015. Il veut mettre au point des peintures relarguant progressivement des substances naturelles parmi 20 000 repérées à ce jour ayant une activité réelle contre les bio-salissures. Le vivier de molécules à tester est énorme et provient pour la plupart d’organismes repérés en zone tropicale comme à la Réunion par exemple. Pour valoriser ce gisement, il faut mettre en place différentes compétences afin d’appréhender la problématiques sous des angles complémentaires.
Le projet permet déjà de réelles avancées en mettant au point des substances inoffensives pour les espèces vivantes dans des matrices aussi biodégradables. Ce projet permet aussi de positionner les différentes équipes autour d’une problématique assez complexe pour que chaque organisme scientifique (7 équipes complémentaires avec des spécialistes en chimie, biologie, microbiologie, biopolymères, producteurs de peintures, producteurs de microalgues etc…) gagne en lisibilité au niveau français et européen.

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