le serran ecriture, poisson facile à reconnaître

ECOCIMED, un projet porté par des scientifiques pour des non-scientifiques

ECOCIMED, un exemple de réalisation de science participative exemplaire à tous les niveaux

Article réalisé grâce à une interview du Pr Patrice FRANCOUR,
Directeur-adjoint du laboratoire ECOMERS de l’Université Nice Sophia Antipolis

Le sciences participatives ont le vent en poupe et s’impliquent de plus en plus pour les domaines marins et littoraux de France et d’Europe. Zoom sur un projet nommé ECOCIMED créé par des scientifiques du laboratoire ECOMERS (Université Nice Sophia Antipolis et CNRS), un projet en recherche des financements nécessaires pour démarrer. Vous pourrez découvrir les points forts et ceux relevant de l’innovation pure et s’appuyant sur l’acquisition de données « poissons » sur le terrain. Un article original pour un projet novateur et riche en promesses et infos accessibles à tous… !

Introduction

ECOCIMED n’est pas un projet de sciences collaboratives comme les autres. Il en diffère par quatre points fondamentaux qui ne sont pas présents ailleurs « pour le plus grand détriment des autres initiatives » nous explique Patrice FRANCOUR :

  • La mise au point d’un module de recherche d’infos sur le web via les blogs et les réseaux sociaux,
  • Le développement par les scientifiques de protocoles simples mais suffisamment performants pour fournir des données utilisables par les scientifiques,
  • La validation, l’interprétation et le formatage des données issues des observations par des scientifiques
  • Le rendu des connaissances validées, traitées, synthétisées et vulgarisées grâce à un site internet.

C’est donc une plate-forme collaborative dédiée, proposant des protocoles simples d’acquisition de données en mer et collectant via les réseaux sociaux des données échangées entre utilisateurs sur leurs observations (leur pêche, leur plongée, etc.) qui seront utiles au tout public mais aussi aux gestionnaires du milieu et aux instances territoriales comme les communes soucieuses de l’état de la biodiversité de la mer.

Chercher des infos sur la toile : une veille digitale indispensable à mettre en place

C’est la grande originalité de ce projet. Patrice FRANCOUR est convaincu que de nombreuses informations sur les poissons de Méditerranée (son domaine de recherche) circulent sur Internet et qu’elles ne sont pas captées ou même lues. Le développement et la démocratisation des technologies numériques permet une circulation d’une somme très importante d’informations entre usagers. Mais celles pertinentes sont comme des « aiguilles dans une botte de foin » !

Déjà , s’étant fait une renommée de biologiste spécialisé dans le domaine des poissons marins, Patrice FRANCOUR récupère directement ou par ses collègues de nombreuses données. Mais il est certain que beaucoup sont perdues ou restent inutilisées. De l’ordre de 50 %. Et rien que sur le littoral français !

La première tâche des gestionnaires de ECOCIMED sera donc de mettre en place un système novateur de recherche et capture des informations relatives aux poissons. Car ECOCIMED ne s’intéresse pour l’instant qu’aux peuplement de poissons. Ce dernier passe par la mise en place d’une méthodologie à bâtir et d’outils à utiliser pour créer une veille automatisée très performante. Le principe pourrait servir à d’autres initiatives de ce genre comme un réseau d’observations des méduses, des oursins et des algues broutées, ou bien encore des macro-déchets ou des grandes nacres de Méditerranée entre autres …Cette méthodologie pourra être partagée et reproduite dès qu’elle sera validée.

Patrice FRANCOUR est le premier à avoir créé un réseau d’observation des Oursins diadème en Méditerranée dès 1987. Et ce réseau produit encore de la donnée de nos jours sans être géré d’aucune manière. Il y a de quoi être fier !

Ce dernier conçoit pour le projet une première étape de communication par différents médias sur le lancement d’ECOCIMED : les réseaux sociaux avec en particulier la création d’un site Internet et d’une page facebook a minima. Le site servira à restituer le travail effectué sous forme de cartes, d’images, de vidéos et de modules SIG de présentation des résultats. La page Facebook pourra fédérer une communauté d’observateurs et les motiver, tout en récupérant leurs commentaires et réactions en temps réel

Ce site permettra aussi aux observateurs plongeurs en scaphandre autonome ou randonneurs en PMT (palmes masque tuba) entre autres … de faire état de leurs observations. On peut appeler ce site une plate-forme collaborative. L’envoi direct de photos ou d’autres fichiers sera possible via ce système.

Patrice FRANCOUR nous indique que le but d’une équipe de recherche comme celle qu’il dirige est de créer un prototype qui fonctionne bien, de le tester et de l’ajuster selon les contraintes du terrain.

Puis de le confier à une association. Celle-ci continuera le travail effectué sur un laps de temps plus long pour le suivi de la biodiversité et la qualité de l’environnement marin. Les données alors recueillies continueront bien sûr à intéresser les scientifiques. Elles seront particulièrement utiles et applicables dans les petites aires marines protégées pour gérer les problématiques liées à la protection et à la gestion de la biodiversité.

Mise en place de protocoles simples par les scientifiques pour le tout public dans ECOCIMED

Bien évidemment les demandes en informations des scientifiques sont de plus en plus importantes et gourmandes en temps. Elles demandent des ressources humaines qualifiées non disponibles ou surbookées . C’est pourquoi on peut utiliser des protocoles très simples de capture d’informations accessibles aux plongeurs et aux randonneurs PMT, aux apnéistes, aux pêcheurs à la ligne, aux plaisanciers etc…
Ainsi au lieu de connaître tout un tas de paramètres comme la taille, l’âge, le milieu de vie, le nombre d’individus précis etc…, il faut proposer des protocoles très simplifiés et accessibles au plongeurs de base.

Ainsi Patrice FRANCOUR et son équipe ont élaboré deux protocoles d’acquisition d’informations :

le protocole FAST (Fish Assemblage Sampling Technique) qui demande :

  • si une espèce est présente ou pas sur tel site, on ne prend pas en compte le nombre,
  • si l’individu est grand ou petit ,
  • quelle est l’espèce : une liste de 23 espèces de poissons indicateurs est à connaître au lieu de plusieurs centaines pour les scientifiques,

Le deuxième protocole est encore plus simple :
Il s’agit de déterminer à chaque rencontre d’une espèce quel est son régime alimentaire :
herbivore, détritivore ou prédateur de haut niveau (les « top prédateurs » comme le Mérou, le Corb, le Barracuda et le Denti)

Les pourcentages respectifs indiqueront si on se trouve en face d’un écosystème où les top prédateurs sont bien représentés et renseigneront donc sur l’état écologique du milieu.

La grande quantité d’observations pallie la moindre précision des informations !!

 

Formater, valider , interpréter par des scientifiques

Une petite formation est néanmoins nécessaire. Elle doit se dérouler au sein des clubs de plongée, des clubs d’apnée, des associations de pêcheurs à la ligne ou en individuel,  pour les plaisanciers et même pour toute personne intéressée et susceptible de fréquenter le milieu marin. Mais il suffit de former sur place une seule personne pour que les connaissances soient diffusées à un nombre plus grand. C’est le cas en particulier des clubs de plongée.

La connaissance scientifique construite autour de la lecture de nombreux articles est essentielle à la réalisation d’un protocole efficace et exploitable. « Et c’est au moins là que le bas blesse pour les autres systèmes de sciences participatives », nous explique Patrice FRANCOUR.

Mais les défauts des autres systèmes de science participative sont aussi souvent :

  • de ne pas bien analyser et formater les données pour qu’elles soient simples et exploitables
  • et de ne pas restituer par les outils du web les conclusions obtenues sur un site internet

Ainsi aussi bien le tout public que les gestionnaires de milieux sont lésés car ils n’ont pas accès aux résultats de leur collecte.
Et ils ne peuvent pour les gestionnaires envisager d’actions correctrices pour la conservation du Bon état écologique par exemple. Impossible pour eux donc d’appliquer le système EDRR (Early Detection, Rapid Response) ce qui est fort dommageable aux écosystèmes défaillants, soumis à de nouvelles pressions anthropiques qui engendrent des perturbations délétères

Pour Patrice FRANCOUR les deux points névralgiques à ne pas négliger sont:

  • le fait d’impliquer directement les observateurs ce qui les sensibilise (un rôle important en éducation à l’environnement)
  • puis in fine de leur donner les résultats auxquels ils ont contribué par le site internet dédié et les réseaux sociaux.

Ce qui est loin d’être le cas pour beaucoup de programmes de sciences participatives !

La communication intervient au moins sur ces deux points et utilisera des réseaux sociaux, des blogs et des technologies de « growth hacking *» et de veille active

Des initiatives de ce genre existent déjà. Ainsi, nous explique Patrice Francour, Patrick LOUISY, un plongeur biologiste médiatisé, organise chaque année des sorties en Mer et forme ses plongeurs à la reconnaissance d’espèces et à la prise de clichés photographiques prêts à être identifiés par des experts. Le tout est reporté sur les supports cartographiques pour constituer des bases de données exploitables par tout un chacun.

Et la Communication dans tout cela ?

Elle intervient au moins à quatre étapes clés :

  • au moment du lancement du site Web et de la page facebook a minima, d’autres Réseaux sociaux seront nécessaires aussi bien pour la veille, on pense à Twitter, qu’à la diffusion d’informations
  • lors de la récupération des données des Réseaux sociaux qui seront rapidement intégrées au site Internet
  • pendant le développement sur 3 ou 4 années du projet pour permettre à toute la communauté de rester motivée, active et de l’enrichir perpétuellement de nouveaux abonnés et internautes ciblés (former , engager, motiver les publics)
  • pour appuyer la réussite du projet afin d’en faire un « produit de démonstration » et de reproduction pour d’autres problématiques similaires (méduses, macro-déchets, oursins etc…)

Conclusion

Ce nouveau programme de sciences participatives sera construit et se développera sur plus de trois années et demandera quelques ressources humaines, 2 personnes au minimum.

C’est le seul projet à notre connaissance à utiliser les media sociaux dès le départ pour faire de la veille et rassembler de nombreuses données perdues jusqu’ici ou non exploitées. Il servira entre autres à l’Association Monégasque pour la Protection de la Nature, créée en 1975 par le Prince Rainier III et qui gère les aires marines protégées de la Principauté (http://ampn-nature-monaco.com) . Le protocole pourra ensuite être appliqué aux AMPs (Aires marines protégées ) de la région PACA en commençant par les Alpes Maritimes et Monaco.

Ce projet a besoin de vos votes pour obtenir un financement par le Crédit agricole en particulier. Alors si vous le trouvez « sympa » et utile votez pour lui !

Vous trouverez sur le lien ci-dessous des informations complémentaires sur ECOCIMED.
www.fondation-capca.com/site_fondation/index.php/participer-au-vote/

Quatre catégories sont proposées. Pour que votre vote soit pris en compte, il est indispensable de voter dans chacune d’elles.

N’hésitez à partager ce message.

* : procédures marketing et de communication à mettre en place pour obtenir rapidement des listes de personnes ou abonnés pertinents par rapport à leur activité :club plongée et apnée, groupes de pêcheurs etc…

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