Les boues rouges de Gardanne sont-elles toxiques ?

 
Carte de l'emissaire en mer relarguant les boues rouges de Gardanne

Carte de l’émissaire en mer relarguant les boues rouges de Gardanne

L’usine Alteo de Gardanne rejette des boues rouges depuis 50 ans en Méditerranée et plus particulièrement dans le nouveau Parc naturel des Calanques. Soit 20 millions de tonnes de ce type de déchet en un demi siècle riches en métaux lourds. Ces boues rouges sont toxiques pour l’environnement marin à long terme, la faune et la flore aquatiques même si l’Usine d’Altéo clame le contraire en assurant que des efforts importants ont été faits pour réduire leur toxicité.

L’Usine de Gardanne produit de l’alumine un produit permettant de créer de l’aluminium. Cette alumine est présente naturellement dans la bauxite, une roche de couleur rouge-ocre très abondante à Gardanne. Les eaux usées issues de ce traitement sont en particulier riches en métaux lourds toxiques même si l’usine Alteo affirme que 99% des métaux lourds sont éliminés par un nouveau procédé.

Les militants qui ont déjà réalisé une pétition de 170 000 signatures (association, écologistes, pêcheurs, plongeurs et riverains) continuent leur travail de communication pour faire stopper ce relargage en mer alors que des alternatives existent comme le séchage en milieu terrestre (trop coûteux peut-être actuellement pour la société Altéo productrice des boues)

« le caractère polluant est indéniable » selon le Pr Henri Augier, ancien Directeur de la Faculté de Marseille Luminy, à la tête maintenant de l’association « Union Calanques littorales ».

La présence de soude pour un Ph très basique et corrosif de l’ordre de 13 est délètère pour l’environnement. L’ajout d’acide pour ramener ce ph à la quasi neutralité facilite le relargage d’éléments très toxiques comme l’Arsenic, le bore, le cadmium et le mercure qui ont pour certains des effets de perturbateurs endocriniens (rôle mimant l’action des hormones, ces substances entrainent parfois le changement de sexe d’organismes marins entre autres). Ce sont aussi des toxiques neurologiques ou sanguins.
Ces métaux lourds sont un risque aussi pour la santé humaine par bioamplification dans la chaîne trophique, chaque échelon vivant entraînant une concentration de plus en plus forte !

Les militants dénoncent maintenant une pollution devenue incolore mais qui reste toxique.
Ainsi en particulier, Sea Shepherd Marseille, une ONG connue pour ses actions musclées, vient d’engager une action devant le tribunal administratif de Marseille.

Pourtant des alternatives existent comme le séchage en milieu terrestre. De même un nouveau procédé est en cours d’étude, le procédé Orbite, soutenu par Véolia et Orbite aluminae.
Il est aussi possible d’utiliser un chélateur comme l’EDTA qui séquestre les métaux lourds et les empêche de polluer le milieu marin.

Les métaux lourds ne sont pourtant pas à prendre à la légère. L’intoxication au mercure par exemple produit des troubles neurologiques sévères. L’arsenic est un poison aussi. Le plomb n’est pas normalement présent dans les effluents chargés. Heureusement car l’intoxication au plomb ou saturnisme n’est une intoxication qui aurait causé le déclin de l’empire romain. Rien que cela !!

Il n’en reste pas moins que l’autorisation de rejet des effluents toxiques est reconduite en principe pour 6 ans, le temps pour l’usine de Gardanne d’amorcer une reconversion, on peut rêver…

 

 

Droit de réponse et des éléments complémentaires:

le site de la société Altéo

Le blog kairn

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *