aires marines protégées- la concertation

Les composantes et connaissances issues d’une Aire Marine protégée

Article n°3/3

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Interview de Philippe ROBERT

Actuellement : Consultant international / philmer83@gmail.com

Relecture  : Philippe ROBERT / illustrationsle Parc National de Port Cros
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photo identité Philippe Robert

Types d’Aires marines protégées: Identification et dynamique

 

Article n°1/3


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Interview de Philippe ROBERT

Ancien Responsable  Scientifique du Parc National de Port Cros
Ex – Secrétaire exécutif du sanctuaire Pelagos pour la protection des cétacés en Mer Méditerranée.
Président du GEM (Groupe d’étude sur les Mérous)
Actuellement : Consultant international / philmer83@gmail.com

Relecture: Philippe ROBERT
Illustrations et le Parc National de Port Cros

 


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Vers la fin des Oursinades et la disparition des oursins ?

Depuis quelques années il semble que l’abondance des oursins comestibles sur nos côtes françaises chute dangereusement. L’alliance entre deux équipes scientiques une de l’Institut Océanographique Paul Ricard et l’autre, l’équipe du Pr Joël Grillasca à l’Université de Toulon-Var a permis de trouver le moyen de régénérer les populations presque à leur niveau initial et de faire de jolies découvertes que nous vous laissons savourer plus bas dans cet article….La disparition des oursins n’est pas encore pour demain mais il faut rester vigilant !

 

Moins d’oursins, plus d’oursins du tout?

Que se passe-t-il ? Serait-ce la fin d’un met de choix apprécié par les amateurs de produits de qualité venant de la mer ? Ou pire encore, la déstabilisation de certains écosystèmes ?
Pourquoi ces question ?

Depuis quelques années , les pêcheurs professionnels et les amateurs d’oursins constatent une nette diminution de ces derniers dans les lieux de pêche et de cueillette habituels.
La prud’homie est alertée et se tourne très vite vers l’Institut Océanographique Paul Ricard basé sur l’île des Embiez qui jouxte Sanary.oursin comestible (paracentrotus lividus)

Leur savoir faire et leur longue expérience de la reproduction d’animaux marins en conditions artificielles permettra sans doute de trouver une solution au problème de la raréfaction des oursins comestibles (Paracentrotus lividus), à ne pas confondre avec l’oursin noir non comestible (Arbaxia lixula).

Le travail va bon train et très peu de temps après l’IOPR enregistre deux succès successifs. Non seulement, les membres du programme arrivent à produire des larves planctoniques en forme de tour Eiffel, toutes proportions gardées mais le lâcher de millions de larves dans le milieu marin permet, au bout de quelques mois voire années, de constater une augmentation nette des tailles de populations des oursins comestibles.
C’est un franc succès ! Les populations initiales sont restaurées à 80 %

En reste t-on là ? Non bien sûr. On veut savoir pourquoi la quantité d’oursin a tendance à chuter sans l’apport artificiel de nouvelles larves élevées dans des piscines en plastique. Et si les oursins qui reviennent en nombre sont bien issus des larves lachées quelques temps auparavant par l’IOPR

L’IOPR fait pour cette tâche appel à l’équipe du Pr Grillasca de l’Université de Toulon-Var, spécialisée dans la génétique des populations d’organismes marins.

oursin paracentrotus lividus

On veut savoir si :

la taille des populations a vraiment chuté et une cartographie des abondances spatiales d’oursins est créée
s’il ne s’agit pas de fluctuations naturelles très communes dans le monde animal et végétal, le tout étant du à une dynamique propre des populations au sein d’écosystèmes en équilibre apparent, alors que tout change sans arrêt
quels sont les facteurs anthropiques (dus à l’Homme) à l’origine de cette diminution des effectifs (surpêche, pollutions, destruction ou modification des habitats) en fait beaucoup de facteurs propres au maintien de la biodiversité
Peu de temps avant, en effet, on a pu observer une maladie se développer sur les oursins. Cette épizootie (maladie des animaux) était due à un virus qui leur faisait perdre leur piquants et devenir « chauves » en réduisant la longévité et les chances de survie.

L’équipe du Pr Grillasca et l’IOPR recrutent deux thésards qui vont travailler sur cette problématique passionnante. Et c’est le début d’un succès qui se prolonge encore aujourd’hui !

Peu de temps après, ils découvrent des éléments de compréhension de la dynamique populationnelle très intéressants et utiles pour la gestion des pêcheries futures.

Voici leur découverte :

1) Les oursins adultes proviennent bien des lâchers massifs de larves « pluteus » par l’IOPR. On certifie cet élément de connaissance par l’analyse des séquences ADN satellite recueillies et amplifiées par PCR (Poly chain Reaction) à partir de piquants de l’oursin ; le même principe que celui utilisé par les laboratoires de police !

2) Il existe deux catégories de zones de vie des oursins :
Certaines abritent les géniteurs, ceux qui vont lâcher en pleine eau des cellules reproductrices (les gamètes) pour la création de zygotes (fusion d’une cellule mâle et d’une autre femelle). Le résultat au bout de peu de temps est la création d’une larve qu’on appelle « pluteus » en forme de tour Eiffel qui fait partie du plancton et va dériver en se nourrissant au gré des courants . Et sur les côtes de la méditerranée on connaît bien le courant Ligure qui passe d’Est en Ouest le long des côtes de la Méditerranée française.

Les zones de recrutement où la larve coule vers le fond pour devenir un petit oursin qui va commencer sa vie en broutant comme les plus grands des algues de petites tailles sur le substrat immergé.

Si cette hypothèse est bien confirmée, il faudra interdire toute cueillette sur les zones de géniteurs et permettre la cueillette et pêche durable dans les zones de recrutement. Durable car si l’on récolte la totalité des oursins, le fonctionnement des écosystèmes en question est susceptible d’être fortement perturbé.

Si l’on s’intéresse à un facteur potentiel de réduction des effectifs des stocks d’oursins comestibles, les pollutions qui viennent de la terre, on dit qu’elles sont telluriques, il est clair que les perturbateurs endocriniens, des molécules issues de la recherche comme les pesticides (exemple du Round Up ou glyphosate) , les molécules émergentes cosmétique et pharmaceutiques aussi ont un effet délétère sur les populations d’oursins. Ces derniers ont un cycle de vie perturbé et peuvent même devenir stériles sans compter d’autres effets pas très sympathiques ( déformations, stérilité etc…) en fait tout ce qui concerne la régulation hormonale de ces animaux ;

  • Les perturbateurs endocriniens et les molécules émergentes proviennent pour plus de 80 % des apports telluriques (qui viennent de la terre) :
    eaux de pluie lessivant les surfaces polluées,
  • apports agricoles lors des fortes intempéries
  • relargage d’eaux peu épurées par l’industrie, et finalement les eaux dépolluées mais qu’en partie des stations d’épuration.

La modification du littoral est aussi en cause, en fait toute modification du trait de côte et son artificialisation.
Une simple digue peut perturber de manière irréversible les courants et le recrutement des oursins qui avait lieu à cet endroit et qui se trouve décalé plus en aval des courants.
Il existe bien d’autres facteurs de diminution enregistrée des effectifs d’oursins mais les facteurs anthropiques apparaissent prédominants et il est certain que la cause finale est multifactorielle.

Des études plus approfondies sont nécessaires pour comprendre la dynamique de reproduction des oursins pour protéger et gérer leurs abondances.

La communication se fait par l’intermédiaire de publication scientifiques et plus vulgarisées, de conférences réunissant les divers corps concernés et de publications dans des magazines papier ou virtuels comme les sites internet ou les blogs.

Le futur est passionnant car on est à l’aube de comprendre tous les éléments de la reproduction des oursins et des coopérations internationales sont à venir très certainement avec d’autres pays de Méditerranée ou du monde comme la Martinique. Le travail ne manque pas et les bonnes volontés au moins mais sinon les passions permettront de sauver l’espèce et son exploitation durable.

Souhaitons à toutes ces équipes un avenir fructueux que nous ne manquerons pas de suivre…

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